Retour d'expérience : Julien PARIS, Formateur d'Enseignement Général
Julien Paris, professeur de gestion sur le site de Besançon, incarne un parcours atypique et inspirant, alliant entrepreneuriat, engagement associatif et passion pour la transmission. Découvrez son histoire riche et authentique.
Quel a été votre parcours de formation et professionnel avant de devenir formateur à Bâtiment CFA Bourgogne-Franche-Comté ?
Mon parcours est assez atypique, ce qui me permet aujourd’hui d’avoir une certaine proximité avec mes apprenants. J’ai commencé par un CAP, poursuivi avec un Bac Pro, un BTS, puis une Licence. J’ai également été apprenti, ce qui me donne une bonne compréhension des réalités qu’ils vivent au quotidien.
Professionnellement, j’ai fondé en 2005 l’entreprise FASOTRIBAL, active dans l’import-export avec l’Afrique. Cette aventure m’a conduit à ouvrir un restaurant au Burkina Faso et à créer une association en 2007.
Par ailleurs, j’ai été président du festival Lumière d’Afrique, entraîneur de football, et j’ai exercé dans l’immobilier, notamment chez Accord Immobilier puis chez À la Lucarne. Depuis 2012, j’enseigne dans plusieurs lycées professionnels, en école de commerce et même à la maison d’arrêt de Besançon.
Qu’est-ce qui vous a motivé à devenir formateur ?
C’est une envie de transmettre, mais aussi l’envie de partager des expériences concrètes. Un ami de longue date, Mathieu Richard (Adjoint de Direction en charge de la pédagogie sur le site de Besançon), m’a aussi encouragé dans cette voie. Ma formation en Économie-Gestion et en CEJM (Culture Économique, Juridique et Managériale) m’a permis de rapidement trouver ma place dans l’enseignement.
Quel regard portez-vous aujourd’hui sur la formation que vous dispensez au site de Besançon ?
Le CFA est un environnement bien différent des lycées professionnels. Le profil des apprenants, les échanges avec les collègues, le rythme d’alternance… tout cela implique une approche pédagogique adaptée. J’y vois un espace où la formation est plus ancrée dans la réalité professionnelle, ce que j’apprécie particulièrement.
En quoi votre parcours entrepreneurial vous aide-t-il dans votre rôle de formateur ?
Le fait d’avoir créé une entreprise, de gérer des taxes, de faire face aux démarches administratives, aux déclarations URSSAF, m’apporte une crédibilité immédiate. Je peux aborder les sujets avec des exemples concrets, parler de ce que j’ai vécu. Ça parle vraiment aux apprenants.
Et puis, je suis actif sur les réseaux sociaux, ce qui renforce encore ce lien. Pour eux, je ne suis pas qu’un professeur théorique ; je suis aussi quelqu’un qui est passé par là.
Quelles compétences et qualités souhaitez-vous transmettre aux futurs professionnels du bâtiment ?
D’abord des valeurs essentielles : l’honnêteté, la ponctualité, la rigueur. Ensuite, une conscience économique. L’économie ne les rendra peut-être pas riches, mais elle peut leur éviter de perdre de l’argent. Comprendre les règles fiscales, juridiques, les bases de la micro et de la macroéconomie, c’est indispensable pour tout professionnel, surtout s’il veut un jour se mettre à son compte.
Quels sont les principaux défis que vous rencontrez en tant que formateur ?
Le plus grand défi, c’est de garder l’attention des apprenants. Il faut les intéresser, leur montrer que ce qu’ils apprennent a du sens et peut vraiment leur servir dans la vie. La théorie seule ne suffit pas ; ils ont besoin de concret, de vécu, d’interactions.
Avez-vous déjà accompagné d’anciens apprenants dans leur projet de création ou reprise d’entreprise ?
Oui, j’ai eu l’occasion d’en accompagner plusieurs. Je leur conseille toujours de bien se préparer, de s’entourer, de ne pas brûler les étapes. La création d’entreprise, ce n’est pas qu’une bonne idée : c’est aussi une question de rigueur, de gestion, de réseau.
Avec le recul, y a-t-il des choix dans votre parcours que vous feriez différemment aujourd’hui ?
Pas vraiment. Mon parcours m’a permis d’acquérir une richesse d’expériences que je valorise aujourd’hui dans ma pratique. Il n’a pas été linéaire, mais c’est ce qui fait ma force. J’ai connu les mêmes doutes que beaucoup d’apprenants, je parle leur langage, j’écoute leur musique, je suis passionné de foot… tout cela me permet d’avoir une proximité authentique avec eux, que certains enseignants plus académiques n’ont pas toujours.
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