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Retour d'expérience : Romain SOUPEY, Dessinateur-Projeteur

Portrait

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01/10/2025

De père en fils : quand l'apprentissage tisse les liens d'une entreprise familiale !

Imaginez : un jeune en difficulté scolaire devient 20 ans plus tard dessinateur-projeteur dans l'entreprise qui l'a accueilli en apprentissage... Et aujourd'hui, c'est son fils qui débute le même parcours !

C'est l'histoire de la famille SOUPEY et de l'entreprise BRISARD, partenaires de notre site de Besançon depuis des décennies.

Une transmission de père en fils qui illustre parfaitement la force de l'apprentissage !

Rencontre avec Monsieur Brisard, dirigeant, et Monsieur Soupey, ancien apprenti devenu dessinateur-projeteur 

Il y a vingt ans, Monsieur Brisard, dirigeant d'une entreprise familiale de métallerie, accueillait en apprentissage le jeune Soupey, en difficulté scolaire. Aujourd'hui, ce dernier occupe un poste de dessinateur-projeteur au bureau d'études de l'entreprise et voit son fils Axel débuter le même parcours d'apprentissage en métallerie sur notre site de Besançon. Une belle histoire de transmission qui illustre la force des liens tissés entre formation, entreprise et générations successives. 

Monsieur Brisard, pouvez-vous nous parler de votre entreprise en termes d'activité et de valeurs ? 

« Je suis la 4ème génération. Mes parents nous ont appris à travailler, à ne pas baisser les bras. Dès 13 ans, j'ai été impliqué dans l'entreprise. Après un BTS Charpente et une formation en gestion, j'ai travaillé à Lyon pendant 3 ans. Nous avons intégré le groupe à 3 frères pour nous partager les activités.  Nos salariés sont fidèles. Nous avons une culture d'entreprise familiale. Les périodes compliquées, c'est en équipe qu'on les traverse. On est de gros artisans sans l'inertie des grosses entreprises. Réactivité et efficacité sont mes moteurs. Si on veut que cela fonctionne, il faut que tout le monde se sente bien en entreprise. Quand il y a un problème, tout le monde se sent concerné, il y a une bonne ambiance. On gagne du temps avec des salariés bien impliqués. C'est le point fort de l'entreprise. Quelquefois, j'ai tendance à ne pas mesurer, en face, les capacités de mon équipe en termes de gestion du stress et j'en demande beaucoup. » 

Monsieur Brisard, vous aviez embauché M. Soupey en contrat d'apprentissage en métallerie il y a 20 ans. Aujourd'hui, vous intégrez son fils Axel pour la même formation, toujours avec notre établissement. Pourquoi ? 

« Monsieur Soupey, c'est la 3ème génération. Son père m'avait sollicité à son sujet. Il n'aimait pas l'école. 

Nous avons une vraie culture familiale. Lorsqu'un salarié nous sollicite, on n'hésite pas. On a l'obligation d'essayer. Des fois, ça ne fonctionne pas. On accepte sans aucun souci, sans bulletin. Il est normal de prendre les enfants de nos salariés en priorité. Nous sommes une grande famille.  Monsieur Soupey ne voulait pas continuer en BP. Nous avons refusé, son père et moi, qu'il abandonne. Je lui ai donné à l'époque une petite prime pour l'encourager. Pour moi, c'était un investissement. Monsieur Soupey a aujourd'hui intégré le bureau d'études de l'entreprise. C'est notre rôle de chef d'entreprise de prendre des risques. J'ai laissé Monsieur Soupey intégrer le poste de conception. 

L'essentiel, c'est d'aimer ce que l'on fait et de s'intéresser à ce que l'on fait. Mon rôle est d'aider les salariés à trouver leur place au sein de l'entreprise. La performance de l'entreprise, ce sont les salariés. » 

Monsieur Brisard, que diriez-vous aux jeunes d'aujourd'hui ? 

« Quand on s'intéresse à ce que l'on fait et qu'on le fait bien, on prend plaisir à le faire. C'est là la principale source de motivation. 

Tous les boulots peuvent être intéressants. L'essentiel, c'est d'essayer de bien faire son travail. La plus grosse satisfaction est là. En s'épanouissant au mieux dans son travail, on devient performant. Il est essentiel que chacun trouve sa place en entreprise. 

L'apprentissage, c'est formidable. On acquiert l'expérience du travail dans les entreprises, on arrive à intégrer l'esprit d'équipe. » 

Monsieur Brisard, qu'est-ce qui fait que vous êtes heureux dans votre travail ? 

« Je ne me pose pas la question, mais en période de crise, l'équipe c'est important. Je n'avais pas le droit de baisser les bras. Tout le monde en souffrait, tout le monde a retroussé ses manches. C'est grâce à l'équipe qu'on a traversé les crises. Les salariés sont attachés à la société. Et ce n'est pas ma société. 

Tous les salariés ont une grosse charge de travail. Peu regardent leur montre pour partir. Mais pour cela, il faut savoir écouter, il faut savoir accompagner. Nous sommes la 4ème génération et l'entreprise fait partie du classement des 600 plus grosses entreprises familiales. » 

Monsieur Soupey, vous avez été apprenti chez Monsieur Brisard, qui est votre employeur actuel. Pouvez-vous retracer votre parcours professionnel depuis votre entrée au centre de formation en 2004 ? 

« Sortie de 3ème du collège Romé de Lisle à Gray, j'avais lâché ma scolarité car j'ai redoublé suite à un arrêt maladie d'un mois. J'ai fait une 3ème avec 2 de moyenne. Je n'avais pas envie. C'est mon père, qui était ouvrier dans le groupe Brisard, qui a donc sollicité Raphaël Brisard, afin que je puisse intégrer l'entreprise en apprentissage en métallerie. Moi, je voulais juste aller travailler. » 

Quels souvenirs avez-vous de votre scolarité ? 

« De mauvais souvenirs. Dès la 4ème, je voulais travailler, ne plus aller à l'école. Des phrases comme "si tu continues, tu ne feras rien", j'en ai entendu. Des phrases qui ne méritent pas de réponse aujourd'hui. 

Au centre de formation, tu es traité comme un salarié, non comme un gamin. J'ai obtenu mon CAP avec de bons résultats ainsi que mon brevet professionnel. J'ai le souvenir de Monsieur Ménétrier, mon formateur d'atelier au CFA. Il était génial. Quand je ne voulais pas faire, il s'adaptait. Il était humain, il comprenait. Il m'a toujours poussé à continuer. Il nous tapait sur l'épaule... ce n'était pas un prof, mais un formateur. Pour moi, un prof c'est "si tu ne fais pas ça, je te mets 0 et tu ne feras rien dans ta vie".  

À l'issue de mon BP, Monsieur Brisard m'a proposé un CDI. Je suis serrurier-métallier depuis 2008. Après 8 ans en atelier, j'ai rejoint le bureau d'études sur les conseils d'un collègue. J'ai essayé avec un retour possible sur mon poste en atelier. Aujourd'hui, je suis dessinateur-projeteur. J'aime la complexité, dessiner. On doit faire de la conception, trouver des solutions, on réfléchit toujours. Je me mets à la place de l'ouvrier pour essayer de trouver la meilleure solution. » 

Quelles étaient vos missions en tant qu'ouvrier métallier au sein de l'entreprise Brisard ? 

« Au début, on faisait des portes, des serrures, des garde-corps, du cintrage. J'aimais bien le côté créatif. J'ai toujours bricolé plein de trucs à la maison. Si je peux faire un truc métallique à la maison, je le fais. » 

Peut-on dire que votre fils reprend votre parcours au même âge ? Un CAP, peut-être un BP avec le CFA et toujours la même entreprise ? 

« Mon fils est venu en stage 2 jours au bureau d'études, 3 jours en atelier. Il a aimé l'ambiance de l'entreprise. J'aimerais qu'il fasse le parcours qu'il a envie. S'il peut faire le même, je serais content pour lui. On peut faire un très beau parcours dans la métallerie. 

C'est une entreprise où on gagne bien notre vie. Si j'ai un problème familial, si j'ai un besoin, je suis rassuré. Ma fille est tombée malade, je suis resté 11 jours à l'hôpital. L'entreprise ne m'a rien dit, elle ne m'a pas demandé de venir travailler. J'ai fait de mon mieux pour ne pas la mettre en défaut. On ne m'a pas pris un jour de salaire. J'ai récupéré mes heures. Aujourd'hui, financièrement, j'ai tout. 

Honnêtement, je ne m'attendais pas à ça. Les portes étaient ouvertes, je suis rentré. En 2008, un premier CDI. 3 ans après, j'ai eu mon crédit pour ma maison. C'est ma maison que j'ai aussi construite. J'y ai passé des heures et des heures. Je voulais ma maison. » 

Que diriez-vous aux jeunes d'aujourd'hui en recherche d'un projet professionnel ? 

« Moi, je me dirigerais toujours vers un apprentissage au lieu du lycée car il y a plus de débouchés. » 

Qu'est-ce qu'on gagne à venir travailler dans les métiers du bâtiment ? 

« Travailler ensemble, l'esprit d'équipe, l'échange. J'ai des ingénieurs aujourd'hui qui viennent me voir à mon bureau pour me demander conseil. » 

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