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Retour d'expérience : Sophie LAURENT, Gérante

Portrait

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02/09/2025

Du CAP Couverture à l'entrepreneuriat :
Sophie Laurent, cheffe d’entreprise depuis 18 ans, la réussite par l'apprentissage

À 37 ans, Sophie Laurent dirige depuis 18 ans une entreprise de couverture qui emploie 11 salariés, un apprenti et une personne en formation continue. Son parcours, débuté par un CAP en apprentissage sur notre site de Besançon, illustre parfaitement comment la formation en alternance peut mener à l'entrepreneuriat. Dans un métier traditionnellement masculin, elle a su s'imposer et transmettre son savoir-faire aux nouvelles générations. Rencontre avec une cheffe d'entreprise qui a fait de sa passion son métier. 

Sophie, pouvez-vous nous expliquer pourquoi vous avez choisi d'entrer en apprentissage en couverture sur notre site de Besançon ? 

Mon papa était gérant d'une entreprise de couverture. Il m'emmenait sur les chantiers pour que je travaille. J'étais contente, j'aimais être dehors, on côtoyait différents corps de métiers, on déjeunait tous ensemble. 

Après ma 3ème générale et l'obtention de mon brevet, je suis partie en seconde générale avec comme projet de m'orienter dans le domaine de la gestion-communication. Comme je ne supportais pas de rester enfermée, un jour j'ai dit à mon père : « Je veux reprendre ton entreprise plus tard. » 

Mon papa m'a répondu : « C'est le CAP si tu veux connaître ton métier et ouvrir ton entreprise. » En CAP, c'est là où j'ai vraiment appris mon métier. 

Actuellement, j'ai un apprenti qui prépare justement son CAP en un an. J'ai formé beaucoup d'apprentis depuis que j'ai ouvert mon entreprise. 

C'est grâce à l'alternance au centre de formation que j'ai appris à souder, plier des cheminées... parce que je ne faisais pas ces tâches dans l'entreprise de mon père. 

Quelles étapes vous ont permis de passer du statut d'apprentie à celui de cheffe d'entreprise ? 

Aujourd'hui, j'ai 37 ans. Je suis cheffe d'entreprise depuis 18 ans, j'emploie 11 salariés, un apprenti et une personne en formation continue. 

Après l'obtention de mon CAP dans l'entreprise de mon père, Monsieur Barbeau, mon formateur à l’époque, m'a conseillé d'ouvrir mon entreprise. Il m'a dit : « Tu as le caractère pour. » 

Je venais d'avoir mon CAP, j'aimais ce métier, j'ai donc pris la décision d'ouvrir mon entreprise. Je suis plutôt quelqu'un qui aime gérer. 

Qu'est-ce qui fait que vous êtes heureuse dans votre travail ? 

J'ai aménagé ma vie pour être une bonne maman et assurer mes responsabilités de cheffe d'entreprise. J'ai voulu montrer que j'étais capable, j'ai cette force. Mon père voulait un garçon pour porter le nom Laurent. Il était de l'ancienne génération. 

Je suis une fille et j'ai prouvé qu'une femme est tout aussi capable qu'un homme dans un métier masculin. Quand j'étais petite, je disais toujours : « Je reprendrai la boîte à papa. » J'ai pris mon courage à deux mains et j'ai porté mon projet. 

Que diriez-vous aux jeunes d'aujourd'hui ? 

Il faut aimer ce métier, avoir l'envie, c'est un beau métier. 

On peut créer de belles choses, on peut travailler sur les monuments historiques, on peut avoir des activités variées. Un chantier de rénovation, ce n'est jamais pareil. 

Qu'est-ce qu'on gagne à venir travailler dans les métiers du bâtiment ? 

Il faut être fier de travailler dans le bâtiment. On ne pourra jamais remplacer un maçon, un couvreur. On ne pourra pas mettre de robot à notre place. L'intelligence artificielle pourra nous aider mais elle ne pourra pas poser des tuiles sur un toit. La personne qui sait poser des tuiles et faire de la zinguerie aura toujours du travail. Il y aura toujours de la rénovation dans le bâtiment. 

Qu'est-ce qui a évolué aujourd'hui dans le bâtiment ?

Ce qui a évolué, c'est par exemple la couleur des chaussures de sécurité. Aujourd'hui, on trouve des chaussures de sécurité en petite taille, avec des couleurs féminines. À mon époque, il n'y avait pas de 37. Aujourd'hui, les paquets de tuiles sont moins lourds, le démarrage de la tronçonneuse est plus facile. Le métier de couvreur est accessible à tout le monde. 

Quel est votre meilleur souvenir dans notre centre de formation de Besançon ? 

Monsieur Barbeau, mon professeur d'atelier. Il a su m'accompagner pour que je réussisse, il m'a tirée vers le haut. 

À l'époque, au centre de formation, il n'y avait que 3 filles. J'ai eu peur d'être confrontée à des comportements sexistes mais Monsieur Barbeau ne m'a pas sous-estimée, il pensait qu'une fille était tout aussi capable qu'un garçon. Il croyait en ma capacité à exercer un métier d'homme. 

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