Retour d'expérience : Jean-Baptiste Vouillon, gérant de la Menuiserie Vouillon
Nous vous présentons Jean-Baptiste Vouillon, gérant de la Menuiserie Vouillon (Saône-et-Loire). Tout au long de sa formation et au-delà, Jean-Baptiste a construit son expérience dans l’entreprise de son père, créée en 1978, dont il a repris les rênes en 2010. Il nous raconte son parcours et les défis auxquels il est confronté en tant que chef d’entreprise.
Quelle formation avez-vous suivi ? Sur quel site de formation ? Dans quelle entreprise ?
J’ai commencé par un CAP Menuiserie au CFA d’Autun, en alternance à la Menuiserie Vouillon (dont je suis aujourd’hui le gérant). J’ai ensuite poursuivi en BEP puis en BP au CFA de Dijon, et pour finir j’ai effectué un Bac Pro « Etudes Organisation Gestion des Travaux » (EOGT), toujours au CFA de Dijon. Et toujours en alternance au sein de la Menuiserie Vouillon.
Par la suite, j’ai poursuivi en BTS « Etudes et Economie de la Construction » (EEC) à Besançon, pendant 2 ans. C’était également en alternance, que j’ai effectuée dans un cabinet d’Architecte.
Pouvez-vous nous partager votre retour d’expérience sur celle-ci (formation, formateurs…) ?
L’apprentissage c’est pour moi la meilleure des formations. Ce que l’on apprend en CFA est totalement complémentaire avec ce que l’on pratique en entreprise.
Que vous a apporté Bâtiment CFA Bourgogne-Franche-Comté ?
En entreprise comme au CFA, on est sur le terrain, par rapport à des lycéens qui n’ont que quelques stages à faire dans l’année. Nous avons des métiers manuels, ce n’est pas en étant assis sur une chaise que l’on peut apprendre notre métier. L’apprentissage nous apporte une expérience de terrain, en continu. Par la suite, quand on devient salarié, on sait à quoi s’attendre.
Quel a été votre parcours professionnel depuis le CFA ?
Après mon BTS à Besançon, je suis revenu dans l’entreprise de mon père, pour faire de la gestion en vue de prendre la succession. J’étais plutôt au bureau, en tant que métreur, je faisais des devis. Mon père avait 3 ouvriers et 1 apprenti à l’époque.
Qu’est-ce qui vous a motivé à reprendre l’entreprise familiale ?
Au départ, ma volonté c’était d’apprendre le métier de menuisier. Ensuite, ce qui m’a plu dans le fait de succéder à mon père, c’est le sens des responsabilités, et de pouvoir assurer la continuité de l’entreprise. Mon père a créé cette entreprise en 1978, je l’ai reprise en 2010. Je trouvais naturel de prendre la relève.
Avez-vous suivi une formation complémentaire pour cela ? Avez-vous obtenu une aide et laquelle ?
Pas du tout, cela s’est fait sur le tas. Je n’ai pas suivi de formation ni de stage en particulier.
Comment se porte votre entreprise et quels sont vos objectifs pour celle-ci ?
On essaie toujours d’aller de l’avant, de grandir mais il faut aussi savoir poser des limites. En cette fin d’année, nous venons de doubler la surface de nos locaux, nous avons donc agrandi nos ateliers. Aujourd’hui nous avons 8 salariés, nous ne cherchons pas à grandir en effectif. Nous souhaitons conserver l’esprit familial de l’entreprise.
Nos clients se situent principalement à 40km à la ronde, mais il nous arrive d’aller un peu plus loin, par connaissance. Nous travaillons avec des mairies ou pour des bâtiments industriels, mais 70% de nos clients sont des particuliers.
De quelles compétences et qualités doit faire preuve un chef d’entreprise selon vous ?
Il faut connaître son domaine d’activité. On ne peut pas être parachuté comme cela en tant que chef d’entreprise. La menuiserie c’est un métier assez technique, donc il faut déjà savoir travailler, exercer d’abord sur des chantiers, dans un atelier... Il faut connaître son métier. Ensuite, il faut être organisé, savoir compter, savoir se remettre en question aussi, et il faut de l’ambition.
Quels sont les challenges ou les contraintes auxquels vous faites face en tant que chef d’entreprise ?
Déjà, il faut y consacrer beaucoup de temps. Le but c’est que l’entreprise ait du travail toute l’année, et même pour les années suivantes. Les contraintes, c’est qu’il faut être un peu multitâche quand on est chef d’entreprise. Quand on parle avec nos ouvriers, il faut être très technique, et derrière quand on quitte l’atelier et qu’on revient au bureau, il faut alors gérer toute la partie administrative. L’administratif ce n’est pas forcément ce qu’il y a de plus intéressant mais il faut savoir maîtriser tous les aspects de l’entreprise.
Avez-vous des conseils à donner aux Alumni (anciens apprenants Bâtiment CFA Bourgogne-Franche-Comté), notamment ceux qui voudraient créer ou reprendre une entreprise ?
Il faut être passionné par son métier, ne pas se dire « chef d’entreprise, ça a l’air cool ». Il faut prendre du plaisir au travail mais il faut aussi être sérieux et courageux.
Je dirais également qu’il faut d’abord emmagasiner de l’expérience. Ce n’est pas en sortant d’un CAP ou d’un BP qu’on peut se mettre à son compte. Je pense que c’est bien d’avoir des années d’expérience en tant que salarié, travailler sur plusieurs chantiers. En sortant d’un BP, on a 21-22 ans, on ne peut pas être chef d’entreprise tout de suite. Il y a toute une partie administrative qui est assez fastidieuse et qui demande d’être assidu.
L’administratif, il y en a de plus en plus. J’ai vraiment vu l’évolution depuis que j’ai repris l’entreprise en 2010. A cette époque, certains jours je n’allumais pas du tout mon ordinateur. Aujourd’hui j’ai 20 à 30 mails à traiter chaque jour. Ce n’est donc pas tout de dire « je vais me mettre à mon compte » : il y a des devis, des comptes, des factures à faire, des commandes à passer… Ce sont des choses qu’il ne faut pas négliger.
Et si c’était à refaire, changeriez-vous quelque chose dans votre parcours professionnel, à la suite de votre formation ?
Non, rien du tout.
Avez-vous un dernier message à faire passer ?
Il faut que les entreprises prennent et forment des apprentis si plus tard nous voulons avoir des menuisiers. Nous avons 2 apprentis actuellement dans l’entreprise. C’est important pour la relève, mais aussi pour les jeunes. Nous avons un beau métier, il faut leur faire voir qu’à partir de pas grand chose, on peut obtenir un joli rendu.
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